L’année dernière, j’ai corrigé 47 copies d’E5A. Sur ces 47, seulement 12 ont dépassé 12/20. Le problème ? Les mêmes erreurs reviennent dans presque toutes les copies. Des erreurs évitables. Des points perdus bêtement.
Certains étudiants connaissent leur cours par cœur mais ratent quand même l’examen. D’autres galèrent en TD toute l’année et s’en sortent le jour J. La différence ? Ils savent où sont les pièges.
Les erreurs de méthode (celles qui fâchent les correcteurs)
Ne pas lire les annexes avant de répondre
C’est l’erreur numéro 1. Tu attaques direct la question 1 du dossier 1 sans avoir parcouru les annexes. Résultat ? Tu rates des infos clés dispersées dans les documents. Un tableau de chiffres en annexe 3 contient la réponse à la question 2, mais tu as déjà perdu 10 minutes à chercher ailleurs.
Le réflexe qui sauve : prends 5 minutes chrono pour survoler TOUTES les annexes avant de commencer. Repère les tableaux de données, les organigrammes, les schémas. Note mentalement où se trouve quoi. Ces 5 minutes, tu les gagnes 10 fois pendant l’épreuve.
Répondre hors-sujet (parce que tu n’as pas compris la question)
Question typique : « Analysez la performance commerciale du secteur Nord en vous appuyant sur les indicateurs fournis. » Toi, tu balances un pavé sur les actions commerciales à mener. Zéro point.
Pourquoi ? La question demande une ANALYSE (diagnostic, constat), pas des PRÉCONISATIONS (solutions, actions). Si tu confonds les deux, ton développement est hors-sujet même s’il est pertinent. J’ai vu des copies avec des propositions géniales qui ont eu 4/20 parce que ce n’était pas ce qu’on attendait.
Comment éviter ça ?
- Souligne les verbes de consigne : analyser ≠ proposer ≠ justifier ≠ comparer
- Relis la question après avoir écrit ta première phrase. Elle répond bien à ce qui est demandé ?
- Si la question précise « en vous appuyant sur… », cite OBLIGATOIREMENT les éléments indiqués
Aucune structure dans la réponse
Tu rédiges un gros bloc de texte compact. Pas d’alinéas, pas de titres, pas de plan visible. Le correcteur se tape 30 lignes d’affilée pour chercher tes arguments. Mauvaise idée.
Une réponse structurée, c’est 2 points gagnés d’office. Même si ton contenu n’est pas parfait, tu montres que tu maîtrises la réflexion commerciale structurée. Intro courte (contexte), 2-3 parties visibles (saute des lignes !), conclusion brève.
Astuce perso : j’utilise des connecteurs logiques simples. « D’abord », « ensuite », « enfin ». Ça suffit. Pas besoin de faire des transitions à rallonge.
Les erreurs de calcul (qui plombent ta moyenne)
Confondre les formules entre elles
Taux de marge VS taux de marque. Marge commerciale VS marge nette. CA prévisionnel VS CA réalisé. Ces confusions reviennent chaque année. Et à chaque fois, c’est 0 au calcul + 0 à l’interprétation = 3-4 points perdus d’un coup.
Mon conseil ? Fais-toi une fiche ultra-condensée des formules E5A que tu gardes sous les yeux pendant tes révisions. Pas 50 formules. Les 15 qui tombent vraiment. Apprends-les par cœur en les écrivant 10 fois.
Et surtout : VÉRIFIE que ta formule a du sens. Si tu trouves un taux de transformation de 450 %, c’est physiquement impossible. Ton cerveau doit tiquer automatiquement.
Oublier les unités
Tu écris « 12 500 » sans préciser si c’est 12 500 €, 12 500 unités vendues ou 12 500 %. Le correcteur ne peut pas deviner. Résultat : -0,5 point à chaque fois.
Pire encore : tu mélanges les unités dans tes calculs. Tu additionnes un CA en milliers d’euros avec des coûts en euros. Ton résultat est faux et tu ne comprends même pas pourquoi.
Réflexe à avoir :
- Note systématiquement l’unité après chaque chiffre
- Vérifie l’homogénéité avant de calculer (tout en €, tout en k€, etc.)
- Dans les tableaux, ajoute une ligne « unité » en haut
Pas d’interprétation après le calcul
Tu calcules un taux de marge de 38 %. Tu écris juste le chiffre. Rien d’autre. Erreur.
L’examen E5A ne teste pas que ta capacité à faire des maths. Il teste ton analyse commerciale. Un calcul sans interprétation, c’est 50 % des points perdus. Si le barème indique « calcul 1 pt + interprétation 1 pt » et que tu ne fais que le calcul, tu perds la moitié.
L’interprétation, c’est quoi ? Une phrase qui donne du sens au résultat. « Le taux de marge de 38 % est supérieur à l’objectif de 35 %, ce qui montre une performance commerciale satisfaisante. » Voilà. Deux lignes. Un point de plus.
Entraîne-toi avec les calculs essentiels en rédigeant TOUJOURS une interprétation après chaque résultat. Ça doit devenir un automatisme.
Les erreurs de rédaction (celles qui te font perdre des points bêtement)
La réflexion commerciale bâclée
Question : « Proposez 3 actions pour améliorer le taux de transformation du site e-commerce. »
Ta réponse : « Améliorer le référencement, faire de la pub Facebook, optimiser les fiches produits. »
C’est trop court. Zéro justification. Zéro lien avec le contexte de l’entreprise. Le correcteur ne peut pas savoir si tu as vraiment réfléchi ou si tu as balancé 3 idées au hasard.
Ce qu’il faut faire : développer chaque action en 3-4 lignes minimum. Expliquer POURQUOI cette action est pertinente pour l’entreprise du cas pratique. Donner un exemple concret. Chiffrer si possible.
« Mettre en place des avis clients vérifiés sur les fiches produits permettrait de rassurer les prospects hésitants. D’après l’annexe 2, 62 % des visiteurs abandonnent leur panier au moment de valider la commande, ce qui suggère un manque de confiance. L’intégration d’un module d’avis (type Trustpilot) pourrait réduire ce taux d’abandon de 15 à 20 %. »
Voilà une vraie proposition argumentée. Contexte + action + justification chiffrée. Ça vaut 3 points au lieu de 0,5.
Pas d’exemples concrets
Tu restes dans le flou. « Il faut améliorer la relation client. » OK, mais comment ? « En étant plus à l’écoute. » Oui, mais encore ?
Les correcteurs adorent les exemples concrets. Un outil précis (CRM Salesforce, module PrestaShop, campagne Google Ads). Un chiffre tiré des annexes. Une référence à un cas réel vu en cours.
Si tu proposes « mettre en place un CRM », précise lequel et pour quoi faire. « Implémenter HubSpot CRM pour centraliser l’historique des interactions client et automatiser les relances après 30 jours d’inactivité. » C’est mille fois mieux.
Copie illisible
Je sais. C’est con. Mais une copie mal écrite, c’est 1 à 2 points perdus sur la note globale. Le correcteur passe 3 heures à déchiffrer des pattes de mouche, il finit agacé, et inconsciemment il est moins généreux.
Petits conseils pratiques :
- Écris gros. Mieux vaut remplir 8 pages lisibles que 5 pages microscopiques
- Saute des lignes entre chaque partie
- Si ton écriture est vraiment chaotique, passe en script (lettres détachées) plutôt qu’en cursive
- Évite les ratures massives. Barre proprement d’un trait et continue
Les erreurs de gestion du temps (le stress qui fait tout rater)
Trop de temps sur le premier dossier
Tu passes 2h30 sur le dossier 1 parce qu’il te plaît, que tu maîtrises le sujet, que tu veux faire une copie parfaite. Résultat : il te reste 1h30 pour bâcler les dossiers 2 et 3. Tu perds 8 points faciles sur ces deux dossiers alors que tu aurais pu en grappiller 5-6.
Mauvais calcul.
La stratégie gagnante : équilibre strict du temps. Chaque dossier pèse à peu près le même poids (10-12 points). Donc tu dois leur consacrer à peu près le même temps. Si tu as 4 heures d’examen et 3 dossiers, ça fait 1h15-1h20 par dossier. Chronomètre.
Et si un dossier te résiste ? Tu passes au suivant. Tu reviendras à la fin si tu as du temps. Mieux vaut 3 dossiers à 60 % que 1 dossier à 95 % et 2 dossiers à 20 %.
Questions laissées complètement vides
Tu bloques sur une question. Tu la sautes. Tu oublies d’y revenir. Zéro point.
Alors que même une réponse partielle ou approximative peut rapporter 0,5 ou 1 point. Le correcteur peut valoriser une tentative si tu montres un début de raisonnement.
Mon astuce : fais une croix dans la marge à côté de chaque question que tu sautes. À la fin de l’épreuve, tu fais le tour de ta copie pour repérer les croix. Même 2 minutes avant la fin, écris au moins une phrase. N’importe quoi de cohérent.
« Le taux de transformation pourrait être amélioré en réduisant les freins à l’achat identifiés en annexe 4 (délais de livraison, manque de réassurance). » C’est mieux que rien. Et ça peut valoir 1 point.
Pas de relecture finale
Tu finis pile à l’heure. Tu rends ta copie. Le lendemain, tu te souviens que tu as écrit « marge bénéficière » au lieu de « marge bénéficiaire », que tu as oublié un « s » à « actions commerciales », que tu as mélangé deux chiffres dans un calcul.
Trop tard.
Garde 10 minutes minimum pour relire. Pas tout. Juste les calculs (refais-les mentalement) et les premiers mots de chaque paragraphe (pour vérifier que ta structure tient debout). Ça peut sauver 2-3 points.
Ce qu’il faut retenir (sans te faire ch**r)
L’E5A, c’est pas un concours de génie. C’est un examen de rigueur. Les étudiants qui réussissent ne sont pas forcément les plus brillants. Ce sont ceux qui ne font pas d’erreurs évitables.
Respecte la méthode. Lis les annexes avant de foncer. Réponds à ce qui est demandé. Structure tes réponses. Ajoute les unités. Interprète tes calculs. Développe tes arguments. Gère ton temps.
Tout ça, c’est du bonus gratuit. Des points que tu gagnes sans bosser plus, juste en appliquant des réflexes.
Et si tu veux vraiment cartonner, entraîne-toi avec les exercices E5A dans les conditions réelles. Chronomètre. Copie blanche. Annexes imprimées. Tu verras vite où tu perds du temps et quelles erreurs tu répètes.
D’ailleurs, si tu veux voir à quoi ressemble une copie qui cartonne, entraîne-toi sur les exercices d’entraînement E5A. Tu comprendras vite la différence entre une réponse qui vaut 2 points et une qui en vaut 8.
Allez, bon courage. Et rappelle-toi : c’est pas l’examen qui est dur. C’est toi qui te compliques la vie avec des erreurs débiles.


