Cinq fonctions, une seule action, et le travail noté du bloc
Au sommaire, 7 sections
Où nous en sommes
Vous avez un thème, une charte posée dans les styles globaux, et des sections réutilisables. Aujourd’hui, vous vous en servez pour construire la page la plus exigeante du web : celle qui demande quelque chose.
Une page d’atterrissage n’informe pas, ne raconte pas, ne fait pas visiter. Elle amène une personne à faire une chose précise, et tout ce qui ne sert pas cette chose la dessert.
C’est aussi la séance du travail noté du bloc. Il occupe la seconde moitié, et ses critères vous sont donnés avant, comme d’habitude.
Ce que vous saurez à la fin de cette séance
- Structurer une page autour d’une action unique, et défendre ce choix
- Placer la promesse, la preuve et la levée d’objection au bon endroit
- Maîtriser le poids d’une page sans outil ni extension
- Rendre une page accessible, et savoir pourquoi cela vous concerne
- Construire cette page entièrement, sur votre site, en deux heures
Reprise
Sur poste, trois vérifications.
- Votre charte est-elle toujours posée, et le test de la couleur d’accent passe-t-il ?
- Vos deux sections réutilisables existent-elles encore, sous leurs deux formes ?
- Sur quel gabarit vos pages s’affichent-elles ?
Ceux dont la charte a bougé pendant les deux semaines vont le découvrir maintenant, ce qui vaut mieux qu’au milieu du travail noté.
1. Une page d’atterrissage demande une seule chose
1.1 La règle qui décide de tout
Une action, et une seule.
Demander une démonstration et l’inscription à la lettre d’information et le téléchargement du guide, c’est ne rien demander : le visiteur arbitre, hésite, et part.
Cette règle est la plus difficile à tenir, parce que chaque service de l’entreprise voudra sa demande sur la page. Savoir la défendre est une compétence de manager, pas de technicien.
1.2 Les cinq fonctions, dans l’ordre
Vous les connaissez depuis la séance précédente. Elles prennent ici leur forme la plus stricte.
| Fonction | Ce qu’elle fait | Le défaut fréquent |
|---|---|---|
| Accrocher | Dit à qui c’est, et ce qu’on y gagne | Parle de l’entreprise, pas du lecteur |
| Expliquer | Comment cela se passe, en trois étapes | Trop long, trop technique |
| Prouver | Chiffres, avis, références, garanties | Absente, ou invérifiable |
| Rassurer | Ce qui inquiète, traité avant qu’on le demande | Reléguée dans une page à part |
| Demander | L’action, une seule, formulée en verbe | Formulée en « Envoyer » |
1.3 La promesse, et où elle se place
Ce que le visiteur voit sans faire défiler décide s’il reste. Il faut donc que trois choses y soient : à qui s’adresse la page, ce qu’on y gagne, et l’action.
Une promesse tient en une phrase, et elle nomme un bénéfice concret. « Une solution innovante au service de votre performance » ne nomme rien. « Recevez un audit de votre site en trois jours ouvrés » nomme tout.
1.4 La preuve : la section que tout le monde saute
C’est celle qui fait la différence entre une page qui plaît et une page qui décide.
Ce qui fait preuve, par ordre d’efficacité :
- un chiffre vérifiable, daté et sourcé ;
- un avis nommé, avec une fonction et une entreprise, pas un prénom seul ;
- une référence client que le lecteur reconnaît ;
- une garantie explicite, avec ses conditions.
Ce qui ne fait pas preuve : un adjectif, un logo sans contexte, un chiffre rond sans source.
1.5 La levée d’objection
Listez les trois questions que votre client pose systématiquement avant de dire oui. Répondez-y sur la page, avant qu’il ne les pose.
Prix, durée d’engagement, ce qui se passe après, qui s’en occupe, comment on arrête. Ces cinq-là couvrent la plupart des activités.
Cette section se place juste avant l’appel à l’action, jamais après. Après, elle rouvre un doute que l’action venait de fermer.
1.6 Le formulaire, si la page en porte un
Chaque champ supplémentaire coûte des réponses. Ne demandez que ce dont vous avez besoin pour la première étape, et rien de plus.
Le reste se demande plus tard, dans la conversation. Un formulaire de sept champs pour une demande d’information est un formulaire conçu pour le service commercial, pas pour le client.
Atelier, la structure avant le contenu
En binôme, sur papier, avant toute ouverture de l’éditeur. Vingt minutes de travail, dix de mise en commun.
- Nommez l’action unique de votre page, en un verbe et un complément.
- Écrivez la promesse, une phrase, avec un bénéfice concret.
- Dessinez les cinq sections dans l’ordre, en cinq rectangles, avec pour chacune une ligne disant ce qu’elle contient.
- Écrivez vos trois preuves, et vérifiez qu’elles sont vérifiables.
- Écrivez les trois objections que votre client pose systématiquement.
- Échangez avec un autre binôme et faites-vous dire, en dix secondes, ce que la page demande. S’il hésite, la structure est en cause.
Le point 6 est le contrôle, et il est impitoyable. Une page dont on ne comprend pas la demande en dix secondes ne convertira pas, quelle que soit sa beauté.
Version courte : points 1, 2, 3 et 6.
2. Le poids et l’accessibilité
2.1 Pourquoi le poids d’une page se traite ici
Une page d’atterrissage reçoit souvent du trafic payant. Chaque visiteur qui part avant l’affichage est une dépense sans contrepartie.
Et ce sont presque toujours les images qui pèsent : dans la grande majorité des cas, elles représentent l’essentiel du poids d’une page de marketing.
2.2 Les quatre gestes qui suffisent
Sans extension, sans outil, sans compétence technique :
| Geste | Ce qu’il change |
|---|---|
| Redimensionner avant d’envoyer | Une photographie de 4 000 points affichée sur 800 pèse dix fois trop |
| Choisir un format moderne | À qualité égale, un poids nettement inférieur |
| Différer le chargement | Les images hors écran ne se chargent qu’au défilement |
| Renoncer à une image | La plus efficace, et la moins employée |
Le quatrième est le vrai geste de manager : chaque image doit justifier sa présence. Une image qui décore coûte du temps de chargement pour rien.
2.3 L’accessibilité, et pourquoi elle vous concerne
Trois raisons, dans l’ordre où elles convainquent une direction.
Une part réelle de vos visiteurs est concernée, de façon permanente ou temporaire : une personne malvoyante, quelqu’un au soleil, quelqu’un avec une main occupée.
Ce qui rend une page accessible la rend meilleure pour tous : une structure claire, des contrastes suffisants, des libellés explicites.
Il existe des obligations légales, dont la portée dépend de la nature de l’organisme et de son activité. Faites vérifier votre cas plutôt que de supposer.
2.4 Les quatre contrôles, en cinq minutes
- Les contrastes. Un texte clair sur une image sans voile est illisible dehors, et pour beaucoup de gens partout.
- Les textes alternatifs. Chaque image porteuse d’information en a un, qui dit ce qu’elle montre, pas son nom de fichier.
- La hiérarchie des titres. Un seul niveau un, puis des niveaux deux, sans saut.
- Les libellés. « Envoyer » ne dit rien. « Demander mon audit » dit tout, et améliore les réponses.
Le dernier est celui qui a un effet mesurable sur la conversion, et c’est utile à savoir quand on doit défendre le sujet.
Le travail noté : votre page d’atterrissage
Individuellement, sur votre site, avec votre charte et vos sections.
Vous construisez une page d’atterrissage complète pour votre entreprise d’accueil, ou pour une activité que vous connaissez bien.
Les critères, annoncés maintenant
| Ce qui est évalué | Ce qu’on attend |
|---|---|
| L’action unique | Une seule, visible sans faire défiler, formulée en verbe |
| La structure | Les cinq fonctions identifiables, dans l’ordre |
| La preuve | Présente, concrète, vérifiable |
| La charte | Appliquée par les styles globaux, pas à la main |
| L’accessibilité | Contrastes, textes alternatifs, hiérarchie des titres |
| Le poids | Les images redimensionnées avant envoi |
Ce qui n’est pas évalué : la beauté. Une page sobre et juste vaut mieux qu’une page élaborée et confuse.
Ce qui se vérifie à la correction : le test de la couleur d’accent, l’affichage sur téléphone, et la lecture de la page par un tiers en dix secondes.
Synthèse
- Une action, et une seule. La défendre est une compétence de manager.
- Ce qui se voit sans défiler décide si le visiteur reste : à qui, ce qu’on y gagne, l’action.
- Une promesse nomme un bénéfice concret. « Innovante au service de votre performance » ne nomme rien.
- La preuve est la section que tout le monde saute, et celle qui fait décider.
- La levée d’objection se place juste avant l’action, jamais après.
- Chaque champ de formulaire coûte des réponses.
- Les images font l’essentiel du poids. Redimensionner avant d’envoyer suffit le plus souvent.
- Un libellé de bouton explicite améliore les réponses, et rend la page accessible.
Sources
Séance vérifiée le 28 août 2026. Les cinq objections courantes du 1.5 sont une liste de travail issue de la pratique, non une typologie : elles servent d’amorce, et chacun doit établir la sienne.



