IA appliquée, séance 20 : se faire reprendre, et fabriquer ses visuels

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Le balisage d’une page, une série cohérente, et trois interdits

Au sommaire, 6 sections

Où nous en sommes

La séance précédente a posé cinq propriétés d’un contenu repris, et vous avez mesuré qui était cité sur vos dix questions. Il manque le travail technique qui rend une page reprenable, et il tient en deux gestes.

L’après-midi ouvre la séquence 16 : fabriquer les visuels d’un site sans photographe, et savoir ce qu’on n’a pas le droit de faire avec.

Ce que vous saurez à la fin de cette séance

  • Baliser une page pour qu’une machine sache qui parle et de quoi
  • Écrire une réponse autoportante en tête de page, et un maillage qui la sert
  • Obtenir une série de visuels cohérents, et nommer ce que la génération rate
  • Décider ce qui se génère, ce qui se photographie, et ce qui ne se fabrique jamais

1. Deux gestes pour être repris

1.1 La réponse en tête, et elle est autoportante

Une page qui commence par une réponse nette, en un paragraphe qui se comprend sorti de la page, se reprend. Une page qui commence par une introduction ne se reprend pas.

Le test : lire le premier paragraphe seul, à voix haute, sans le titre. Tient-il debout ?

1.2 Les données structurées : dire à une machine ce qu’elle lit

Une page contient du texte. Les données structurées lui ajoutent une couche de description : ceci est une entreprise, voici son adresse ; ceci est un article, voici son auteur et sa date.

Ce que ça change. La machine n’a plus à déduire : elle lit. Une entreprise correctement décrite est identifiable sans ambiguïté, et c’est ce qui permet de la citer par son nom.

Comment on le fait. L’extension de référencement en pose l’essentiel : le type d’entité, le nom, l’adresse, les réseaux. Le reste se règle par page : un article a un auteur et une date, une page de service a un prestataire et une zone d’intervention.

Le contrôle. Un outil de test gratuit affiche ce qu’une machine comprend de la page. S’il n’affiche ni auteur ni date, personne ne les lit.

1.3 Ce qui reste vrai des séances 16 et 17

Le maillage rend les pages atteignables, les titres annoncent, la structure sert l’extraction. Rien de neuf, et c’est le point : ce qui servait le classement sert maintenant deux fois.


Atelier 1, le balisage d’une page

En binôme, sur poste. Trente-cinq minutes de travail, dix de mise en commun.

  1. Prenez la page de l’atelier 2 de la séance précédente.
  2. Lisez le premier paragraphe seul, à voix haute. Corrigez jusqu’à ce qu’il tienne debout.
  3. Ouvrez les réglages de votre extension : vérifiez le type d’entité, le nom, l’adresse.
  4. Ajoutez l’auteur et la date sur la page.
  5. Passez la page à l’outil de test des données structurées. Notez ce qui est reconnu.
  6. Corrigez ce qui manque, et repassez le test.
  7. Ajoutez trois liens internes vers cette page, depuis trois autres pages, avec des ancres qui décrivent.

Version courte : points 1, 2, 5 et 7.


2. La génération d’images : ce qu’elle sait faire

2.1 Cinq usages qui tiennent

UsageCe que ça donne
L’illustration abstraiteUne image de fond, une texture, un motif
Le décorUn arrière-plan neutre pour un texte ou un produit détouré
La variationDix déclinaisons d’un même visuel, pour tester
La retoucheDétourer, étendre un cadrage, retirer un élément
L’agrandissementRécupérer une image trop petite fournie par le commanditaire

Les deux derniers sont les plus utiles en agence, et ce sont les moins spectaculaires.

2.2 Ce qu’elle rate, et qui se voit à un mètre

Le texte dans l’image. Il sort déformé, mal orthographié, ou inventé. Le texte se pose après, dans l’outil de mise en page.

Les mains, les visages en second plan, les détails répétés. Ils s’améliorent, ils ne sont pas fiables.

La cohérence d’une série. Deux images demandées séparément n’ont ni la même lumière ni le même style. Une série se demande d’un coup, avec une description de style répétée mot pour mot.

Un lieu réel, un produit réel, une personne réelle. Elle ne les connaît pas : elle produit une ressemblance, et une ressemblance n’est pas le lieu.

2.3 Trois choses qu’on ne fabrique jamais

Le produit qu’on vend. Une image générée d’un produit réel est un mensonge commercial. Si le client reçoit autre chose, l’entreprise est en faute.

Un lieu réel. Une boutique, un atelier, une façade : ils se photographient. Une image générée montrerait un lieu qui n’existe pas, sous le nom de celui qui existe.

Une personne, un témoignage, une équipe. Fabriquer un visage de client satisfait est une pratique trompeuse, et elle se repère.

Le piège. Sur un site d’entreprise locale, une photographie réelle du commanditaire vaut mieux qu’une image générée parfaite. Elle montre le lieu, les gens, le travail réel. C’est exactement ce que le visiteur cherche, et c’est ce qu’aucune génération ne donne.


Atelier 2, trois visuels pour votre site

En binôme, sur poste. Quarante minutes de travail, dix de mise en commun.

  1. Listez les visuels dont votre site a besoin, et marquez pour chacun : à générer, à photographier, ou à demander au commanditaire.
  2. Écrivez une description de style en une phrase : lumière, cadrage, palette, ambiance.
  3. Générez trois visuels de la même série, en répétant cette description mot pour mot.
  4. Regardez-les côte à côte : la série tient-elle ?
  5. Corrigez la description et régénérez celui qui sort du lot.
  6. Redimensionnez aux dimensions réelles d’affichage, et vérifiez le poids.
  7. Écrivez le crédit de chacun : ce qui a été généré, avec quel outil, et quand.

Version courte : points 1, 2, 3 et 4.


3. Droits, crédits et déclaration

3.1 Ce que disent les conditions, et ce qui reste incertain

Les conditions d’utilisation des outils accordent en général un droit d’usage commercial sur ce qu’ils produisent. Elles ne garantissent pas que l’image ne ressemble à aucune œuvre existante, et elles n’apportent aucune garantie face à un tiers.

La conséquence pratique : plus l’image est générique, moins le risque est grand. Une texture abstraite ne pose aucun problème ; une illustration dans le style reconnaissable d’un artiste vivant en pose un.

3.2 Ce qui se déclare, et à qui

Au commanditaire, toujours. Il doit savoir ce qui a été généré, et il doit pouvoir en décider. Certains secteurs l’interdisent par contrat.

Sur le site, quand c’est utile. Une mention discrète dans le crédit de l’image. Elle coûte peu et elle protège.

Dans votre dossier de projet, c’est la section 5, et elle est obligatoire.

3.3 Le poids, et il n’a rien d’anecdotique

Ce qui sort d’un outil de génération est lourd, et souvent bien plus grand que nécessaire. Une image de 4 000 pixels affichée sur 800 fait payer au visiteur cinq fois ce qu’il reçoit.

Le geste : redimensionner aux dimensions réelles d’affichage, puis compresser. C’est le même geste qu’en séance 15, et il vaut pour toutes les images.

À retenir. La question n’est jamais « est-ce que je peux générer cette image ? » mais « est-ce que cette image doit être vraie ? ». Un décor abstrait n’a pas à l’être. Un lieu, un produit, une personne, si. La ligne est là, et elle ne bouge pas avec les progrès de l’outil.


Synthèse

  1. Une page reprenable commence par une réponse autoportante.
  2. Les données structurées disent à une machine ce qu’elle lit : entité, auteur, date.
  3. Un outil de test gratuit affiche ce qu’une machine comprend. S’il n’affiche rien, personne ne lit.
  4. Ce qui servait le classement sert maintenant deux fois.
  5. Cinq usages tiennent : illustration abstraite, décor, variation, retouche, agrandissement.
  6. Le texte dans l’image, les mains, la cohérence de série : trois échecs prévisibles.
  7. Une série se demande d’un coup, avec une description de style répétée mot pour mot.
  8. On ne fabrique jamais un produit réel, un lieu réel, une personne réelle.
  9. Sur un site local, une photographie réelle bat une image générée parfaite.
  10. Redimensionner avant de mettre en ligne : le poids se paie au chargement.

Sources


Séance vérifiée le 28 août 2026. Les générations se font avec l’outil disponible sur les postes le jour de la séance ; à défaut, en démonstration au vidéoprojecteur, sur une description que la classe propose.


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