Les zones que personne ne regarde, et que tout le monde utilise
Au sommaire, 9 sections
Pourquoi cette séance existe
La séance précédente a traité la navigation principale : ce que le visiteur voit en haut, et ce qu’il y trouve.
Il reste tout le reste. Le pied de page, la colonne latérale, les blocs qui apparaissent sur toutes les pages sans avoir été placés sur aucune. Ces zones ont trois particularités qui en font un sujet, et pas un supplément.
Elles sont partout. Un bloc posé dans le pied de page apparaît sur les deux cents pages du site. C’est la seule zone du site où une modification a cet effet de levier, et c’est aussi la seule où une erreur se voit deux cents fois.
Elles portent des obligations. Les mentions légales et le lien vers la politique de confidentialité vivent là, et pas ailleurs. Un site sans elles n’est pas un site mal fini, c’est un site en défaut.
Elles ont changé de nom, de place et de logique, sans que personne ne prévienne. Selon le thème installé, le même travail se fait dans deux écrans complètement différents, et l’un des deux n’existe plus dans l’autre. C’est le premier point de la séance, parce que sans lui vous chercherez une entrée de menu qui n’est pas là.
Ce que vous saurez faire dans deux heures
- Reconnaître, en ouvrant une administration inconnue, où se modifient les zones communes du site
- Construire un pied de page qui remplit ses obligations et sert le marketing
- Décider si votre site a besoin d’une barre latérale, et savoir défendre la réponse
- Reprendre un site existant sans casser ce qui s’y trouve
Reprise : les menus, deux semaines après
Trois questions, sans notes.
- Quelle est la différence entre un menu et un plan du site ?
- Pourquoi un libellé de menu ne doit-il pas être le vocabulaire de l’entreprise ?
- Où se compose la navigation sur un thème de blocs ?
La troisième est celle qui compte aujourd’hui : elle annonce toute la première partie.
1. Une zone de widgets, et pourquoi ce mot survit
1.1 La définition, dans les mots de WordPress
Le panneau latéral de l’écran des widgets porte la définition officielle, et elle est bonne4 :
Les zones de widgets sont des parties générales de la mise en page de votre site qui peuvent accepter des blocs. Elles varient selon le thème mais typiquement, on les retrouvera dans des endroits comme votre colonne latérale ou le pied de page.
Trois choses à en retenir.
« De la mise en page », donc pas du contenu. Une zone de widgets n’appartient à aucune page : elle appartient au gabarit, et elle s’affiche sur toutes les pages qui utilisent ce gabarit.
« Qui peuvent accepter des blocs », au présent. Depuis WordPress 5.8, un widget est un bloc. L’ancien système de widgets, avec ses formulaires de configuration propres à chacun, a été remplacé par l’éditeur de blocs. Le mot « widget » est resté, la mécanique a changé.
« Elles varient selon le thème », et c’est la phrase la plus importante des trois. Le thème décide combien il y a de zones, où elles s’affichent, et comment elles s’appellent. Un site en aura une, un autre six. Ce n’est pas un réglage de WordPress, c’est une caractéristique du thème.
1.2 Pourquoi le mot survit alors que la chose a changé
Un widget, à l’origine, était un petit module autonome : un calendrier, une liste d’articles récents, un nuage d’étiquettes. Chacun avait son propre formulaire de réglages, et il fallait apprendre chaque formulaire.
Cette architecture a été absorbée par les blocs. Un bloc fait la même chose, avec la même interface que dans l’éditeur de pages, et il peut aller n’importe où.
Le mot est resté pour une raison précise : des milliers de thèmes et d’extensions déclarent des zones dans leur code, sous ce nom. Le renommer aurait cassé l’écosystème entier. Vous rencontrerez donc « widget » dans les menus, dans la documentation, dans les forums, et dans les demandes de vos clients. Sachez ce qu’il désigne aujourd’hui : un emplacement du gabarit qui accepte des blocs.
C’est un cas d’école de ce que vous verrez souvent en marketing digital : un mot qui survit à la technologie qui l’a produit, et qui continue de structurer la façon dont les gens en parlent.
1.3 La fracture : deux écrans pour le même travail
Voici le point qui vous fera perdre le plus de temps si personne ne vous le dit.
| Thème classique | Thème de blocs | |
|---|---|---|
| Où se modifient les zones | Apparence, puis Widgets | Apparence, puis Éditeur |
| Ce qu’on y trouve | Des zones nommées par le thème | Des parties de modèle |
| Le menu Apparence contient | Thèmes, Personnaliser, Widgets, Menus | Thèmes, Éditeur, Polices |
| L’aperçu du résultat | Un écran séparé | Sur place, dans l’éditeur |
Le menu Apparence est le test le plus rapide. Ouvrez-le sur une administration inconnue : s’il porte « Widgets » et « Menus », vous êtes sur un thème classique. S’il ne porte que « Thèmes », « Éditeur » et « Polices », vous êtes sur un thème de blocs, et ces deux entrées ne reviendront pas.
Ce test prend trois secondes et il vous évitera de chercher pendant dix minutes une entrée de menu qui n’existe pas dans cette installation.
1.4 Les parties de modèle, sur un thème de blocs
Sur un thème de blocs, ce qui remplace les zones de widgets s’appelle une partie de modèle. Elle se gère dans l’éditeur de site, et elle est rangée par emplacement : en-tête, pied de page, général.
Le vocabulaire change, la logique aussi. Une partie de modèle n’est pas un réceptacle passif qu’on remplit : c’est un morceau de gabarit qu’on édite comme une page, avec la même interface, et qu’on réutilise là où on veut. C’est plus puissant, et c’est plus déroutant les premières fois.
Ce qui ne change pas : dans les deux cas, ce que vous modifiez s’applique à tout le site d’un coup.
Atelier de repérage, 5 min
Sur votre propre site, sans rien modifier.
- Ouvrez le menu Apparence. Quelles entrées porte-t-il ?
- Votre thème est-il classique ou de blocs ?
- Trouvez où se modifie votre pied de page, et arrêtez-vous là. Ne changez rien.
Comparez avec votre voisin. Il est probable que vous ne soyez pas tous sur le même type de thème, et c’est l’intérêt de l’exercice.
2. Le pied de page, la zone la plus sous-estimée
2.1 Ce qu’il est vraiment
Le pied de page passe pour la poubelle du site : ce qu’on n’a pas su placer ailleurs y atterrit.
C’est un contresens, et il coûte cher. Le pied de page est la seule zone qui soit à la fois présente sur toutes les pages, vue par les gens qui ont fini de lire, et systématiquement parcourue par les moteurs. Trois propriétés qu’aucune autre zone ne réunit.
Le visiteur qui arrive en bas de page n’est pas un visiteur perdu : c’est un visiteur qui a tout lu. Lui proposer la suite est la conversation la plus facile de tout le site, et la plupart des sites la ratent en lui proposant un plan de site de quarante liens.
2.2 Ce qui doit s’y trouver, et qui n’est pas négociable
En France, un site professionnel porte des obligations d’information. Le pied de page est l’endroit conventionnel où on les trouve, et un visiteur qui les cherche regarde là en premier.
| Élément | Pourquoi |
|---|---|
| Mentions légales | Identification de l’éditeur, du responsable de publication et de l’hébergeur1 |
| Politique de confidentialité | Information des personnes sur le traitement de leurs données, obligation du règlement général sur la protection des données2 |
| Gestion des cookies | Un accès permanent au choix, pas seulement au premier passage3 |
| Conditions générales | Dès qu’il y a vente ou service en ligne |
Le lien vers la gestion des cookies est celui qu’on oublie le plus souvent. Le bandeau du premier passage ne suffit pas : le consentement doit pouvoir être retiré aussi facilement qu’il a été donné, donc à tout moment, donc depuis un lien permanent.
Ces mentions ne sont pas un habillage juridique posé à la fin. Ce sont des éléments de réassurance, et leur absence se remarque : un site qui n’affiche pas qui l’édite inspire moins confiance, et cela se mesure sur les formulaires.
2.3 Ce qui devrait s’y trouver, du point de vue du marketing
Au-delà des obligations, quatre choses gagnent leur place dans un pied de page.
Un moyen de vous joindre. Adresse, téléphone, formulaire. Le visiteur en bas de page est souvent quelqu’un qui cherche à vous contacter et qui n’a pas trouvé le bouton.
Trois à cinq liens, pas quarante. Les pages qui comptent réellement. Un pied de page qui reproduit tout le plan du site ne guide personne : il déplace le problème de choix, il ne le résout pas.
Une preuve. Un label, une certification, un nombre de clients, une appartenance à un réseau. C’est le dernier endroit où l’on peut rassurer sans interrompre.
Une proposition unique. Un abonnement à la lettre d’information, ou un lien vers la page la plus utile. Une seule : deux propositions concurrentes n’en font aucune.
2.4 Les erreurs qui reviennent
Le pied de page qui répète le menu principal. Il double le poids de la page sans rien apporter. Si le menu principal est bon, le répéter est inutile ; s’il est mauvais, le répéter ne le corrige pas.
Les icônes de réseaux sociaux sans compte actif derrière. Un lien vers un compte abandonné depuis deux ans dessert plus qu’il ne sert. Vérifiez avant de poser l’icône.
Le copyright avec une année figée. « © 2019 » sur un site consulté en 2027 dit une seule chose : personne ne s’occupe de ce site. WordPress sait afficher l’année courante.
Le pied de page qui pèse plus que la page. Une carte interactive, un fil d’actualité, un formulaire complexe : chargés sur toutes les pages, ils dégradent la performance de tout le site. C’est le point le plus coûteux et le moins visible.
Atelier 1, le pied de page de votre site
Sur votre site, en production réelle.
- Inventaire. Listez ce que contient votre pied de page aujourd’hui. Pour chaque élément, écrivez à qui il sert : au visiteur, à la loi, à vous, ou à personne.
- Retirez ce qui ne sert à personne. C’est presque toujours la moitié.
- Complétez les obligations manquantes du 2.2. Un lien qui pointe vers une page vide vaut mieux qu’un lien absent : la page se rédige ensuite, l’oubli ne se rattrape pas.
- Ajoutez une seule proposition, celle du 2.3, et une seule.
- Vérifiez le rendu sur mobile. Le pied de page est la zone qui se dégrade le plus mal en écran étroit.
Version courte : points 1, 2 et 3.
Pour ceux qui vont vite : mesurez le poids de votre pied de page. Ouvrez une page quelconque, regardez ce qui se charge et n’apparaît qu’en bas. Vous serez surpris.
3. La barre latérale, et la question de son existence
3.1 La question qu’on ne pose jamais
La barre latérale est un héritage. Elle vient des blogs des années 2000, où elle portait le calendrier, le blogroll et les archives par mois.
La question à poser n’est pas « que mettre dans ma barre latérale ». C’est « est-ce que ce site a besoin d’une barre latérale », et la réponse par défaut est non.
Trois arguments, dans l’ordre de force.
Elle disparaît sur mobile. Elle ne disparaît pas vraiment : elle passe sous le contenu, tout en bas, là où presque personne ne va. Or la majorité de votre trafic est sur mobile. Vous concevez donc une zone que la majorité de vos visiteurs ne verra jamais dans la position prévue.
Elle est ignorée. Le regard apprend très vite à éviter les colonnes latérales, parce qu’elles ont porté de la publicité pendant vingt ans. Ce qu’on y met est structurellement moins vu que le même contenu placé dans le flux.
Elle rétrécit le contenu. Sur un écran de bureau, une barre latérale prend entre un quart et un tiers de la largeur. Le texte principal devient plus étroit, donc plus long, donc moins lu.
3.2 Quand elle se justifie quand même
Elle a de vrais usages, et ils ont un point commun : elle sert quand elle porte de la navigation dont le visiteur a besoin en permanence pendant sa lecture.
Un blog à fort volume : catégories, recherche, articles liés. Le lecteur circule d’un article à l’autre, la colonne est son tableau de bord.
Un catalogue avec filtres : prix, taille, disponibilité. Les filtres doivent rester accessibles pendant qu’on parcourt les résultats, sinon chaque changement coûte un aller-retour.
Une documentation : le sommaire de la section. Le lecteur a besoin de savoir où il est dans un ensemble long.
Dans les trois cas, la colonne est fonctionnelle. Elle n’est pas un espace à remplir.
3.3 Le test de décision
Une seule question, et elle tranche : si je supprime cette colonne, qu’est-ce que le visiteur ne peut plus faire ?
Si la réponse est « rien », la colonne est décorative et elle part. Si la réponse est « il ne peut plus filtrer », « il ne peut plus naviguer entre les articles », elle reste, et son contenu est déjà décidé par la réponse.
C’est le même raisonnement que sur les menus, la semaine dernière : on part de ce que le visiteur doit pouvoir faire, jamais de ce qu’on a à montrer.
Atelier 2, décider de votre barre latérale
En binôme, chacun sur son site.
- Votre site a-t-il une barre latérale aujourd’hui ? Sur quelles pages ?
- Appliquez le test du 3.3, page par page. Notez la réponse.
- Décidez : elle reste, elle part, ou elle reste sur certaines pages seulement.
- Écrivez votre décision en une phrase, avec sa justification. C’est cette phrase que vous devrez tenir devant un client.
Le point 3 est le plus fréquent en pratique : garder la colonne sur le blog et la retirer des pages, ce qui est presque toujours la bonne réponse pour un site d’entreprise.
Fin du bloc 1
Vingt heures, sept séances. Vous savez maintenant installer un site, le configurer, produire son contenu, l’organiser et le mettre en page.
Ce que vous avez construit : un site WordPress qui vous appartient, avec ses réglages, ses contenus, ses menus et ses zones communes. Il vous servira toute l’année, et le projet de fin de module partira de lui.
Ce qui vient ensuite : le bloc 2, les fondamentaux de l’intelligence artificielle. Deux journées de quatre heures, en fin de mois. Le sujet change complètement, et c’est délibéré : ce qui vient est conceptuel, et des notions résistent mieux qu’une procédure technique à une longue interruption.
Synthèse
Une zone de widgets appartient au gabarit, pas à une page. Ce qu’on y met s’affiche partout, et c’est le seul endroit du site où une modification a cet effet de levier.
Un widget est un bloc depuis WordPress 5.8. Le mot est resté parce que des milliers de thèmes déclarent leurs zones sous ce nom.
Le menu Apparence est le test le plus rapide : « Widgets » et « Menus » présents, thème classique ; « Éditeur » seul, thème de blocs, et les zones deviennent des parties de modèle.
Le pied de page est la seule zone à la fois universelle, vue par ceux qui ont tout lu, et systématiquement parcourue par les moteurs. Mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies : obligatoires. Puis un contact, trois à cinq liens, une preuve, une seule proposition.
La barre latérale se justifie ou elle part. Le test : si je la supprime, qu’est-ce que le visiteur ne peut plus faire ? Réponse « rien », elle part.
Travail à préparer pour la séance suivante
Le bloc 2 commence : les fondamentaux de l’intelligence artificielle, deux journées de quatre heures.
- Finissez votre pied de page s’il est resté incomplet. C’est la dernière séance du bloc WordPress avant plusieurs semaines.
- Notez trois usages de l’IA que vous avez déjà faits, en stage ou personnellement, et ce qui vous a surpris, en bien ou en mal. On commencera par là.
- Aucune installation à prévoir. Les deux séances qui viennent ne demandent pas de poste configuré.
Sources
Notes
- Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique, article 6, III,
legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000801164. C’est le texte qui impose à l’éditeur d’un service de communication au public en ligne de se rendre identifiable, et qui distingue le régime des professionnels de celui des particuliers. Vérifié le 14 août 2026. Revenir au texte - Règlement général sur la protection des données, articles 13 et 14 : information des personnes au moment de la collecte, selon que les données viennent d’elles ou non. La politique de confidentialité est le document qui porte cette information sur un site. Revenir au texte
- Commission nationale de l’informatique et des libertés, « Cookies : solutions pour les outils de mesure d’audience »,
cnil.fr. La CNIL y détaille les conditions strictes de l’exemption de consentement, et rappelle que le retrait doit rester possible. Vérifié le 14 août 2026. Revenir au texte - La définition des zones de widgets est celle affichée par WordPress dans l’écran des widgets, relevée le 13 août 2026. L’interface change d’une version majeure à l’autre : elle se revérifie sur le site de démonstration avant la séance. Revenir au texte



