IA appliquée, séance 18 : produire du contenu, et le relire

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Trois versions, trois formats, cinq points de relecture

Au sommaire, 8 sections

Où nous en sommes

Le bloc 3 est fermé : vous avez un site qui existe, qui tient, et qu’on trouve. Il lui manque du contenu.

On commence par produire. La première heure de cette séance ne contient aucune mise en garde : vous écrivez une page de service en trois versions, et on regarde ce que ça donne. Les règles viennent après, et elles viennent de ce que vous aurez constaté.

Ce que vous saurez à la fin de cette séance

  • Obtenir une première version utilisable d’une page, en une consigne
  • Nommer ce que la machine fait bien et ce qu’elle rate systématiquement
  • Décliner un même contenu pour une page, un réseau et un courriel
  • Relire selon une liste courte, et savoir ce qui ne se délègue jamais

1. Produire d’abord

1.1 La consigne minimale, et elle tient en cinq éléments

Vous les connaissez depuis la séance 10 : le rôle, la tâche, le contexte, la contrainte, le format attendu.

Pour une page de service, cela donne :

Tu écris pour une entreprise d’agencement de commerces installée à Nîmes, qui s’adresse à des gérants de boutique. Rédige la page de service « agencement de boutique ». Le lecteur veut savoir combien de temps ça prend, combien ça coûte, et ce qu’il doit préparer. N’invente aucun chiffre : laisse des crochets là où il en faut un. Format : un titre, un paragraphe de réponse, trois sous-parties, une conclusion qui appelle à demander un devis.

Deux éléments décident du résultat, et ce sont les deux qu’on oublie : ce que le lecteur veut savoir, et l’interdiction d’inventer.

1.2 Ce qu’on regarde sur le premier jet

Trois questions, et rien d’autre :

  • Est-ce que la première réponse arrive dans les trois premières phrases ?
  • Est-ce qu’un chiffre a été inventé ?
  • Est-ce que ce texte pourrait figurer chez un concurrent sans rien changer ?

Atelier 1, une page de service en trois versions

En binôme, sur poste. Quarante minutes de travail, dix de mise en commun.

  1. Écrivez la consigne à cinq éléments pour une page de service de votre site.
  2. Exécutez-la. Gardez la version 1 telle quelle, sans la corriger.
  3. Changez un seul élément de la consigne : ce que le lecteur veut savoir. Exécutez. C’est la version 2.
  4. Changez un autre élément : la contrainte de format. Exécutez. C’est la version 3.
  5. Comparez les trois sur les trois questions du 1.2.
  6. Relevez les inventions : chiffres, noms, garanties, délais. Comptez-les.
  7. Écrivez en deux lignes ce que le changement du point 3 a produit.

Version courte : points 1, 2, 3 et 5.


2. Ce que la machine fait bien, et ce qu’elle rate

2.1 Ce qu’elle fait bien, et qui vous fait gagner du temps

La structure. Un plan cohérent, des sous-titres qui annoncent, un enchaînement lisible. C’est le gain le plus net.

La reformulation. Prendre un texte technique et l’écrire pour un autre public. Prendre un texte long et le réduire de moitié.

La variation. Dix titres, cinq accroches, trois angles pour le même sujet. Utile quand on cherche, moins quand on sait.

La mise en forme. Passer d’un bloc de texte à une liste, un tableau, une suite d’étapes.

2.2 Ce qu’elle rate, et qui ne s’améliore pas avec la consigne

Les chiffres. Elle en produit de plausibles, et ils sont faux. Un délai, un prix, un pourcentage : tous à vérifier, tous à remplacer.

Ce qui est propre à l’entreprise. Sa méthode, ses contraintes, son secteur d’intervention, sa manière de travailler. Elle ne les connaît pas, donc elle les invente en termes généraux.

La preuve. Elle écrit « nos clients sont satisfaits », jamais « 42 commerces agencés dans le Gard depuis 2019 ». La preuve vient de vous.

Le ton propre. Le texte produit est correct et interchangeable. Il faut ensuite y remettre la voix de l’entreprise, et cela se fait à la main.

Le piège. Le texte produit est presque toujours trop long et trop lisse. Trop long parce qu’il développe ce qui n’a pas besoin de l’être ; trop lisse parce qu’il évite ce qui engage. Les deux se corrigent en coupant, jamais en demandant d’ajouter.

2.3 Le test qui tranche

Ce texte pourrait-il figurer sur le site d’un concurrent sans rien changer ?

Si oui, il ne sert à rien : il n’apporte aucune raison de choisir cette entreprise-là. C’est le seul contrôle qui compte, et il se fait en dix secondes.


3. Décliner : la page, le réseau, le courriel

3.1 Trois formats, trois contraintes

FormatCe qui changeLa contrainte propre
La pageLe lecteur est venu la chercherRépondre vite, et prouver
La publication socialeLe lecteur ne l’a pas demandéeAccrocher en une ligne, ou disparaître
Le courrielLe lecteur a accepté de le recevoirUne seule idée, et un seul lien

3.2 Ce qui se décline, et ce qui se réécrit

Se décline : le fond, les chiffres, les preuves. Ils sont les mêmes partout.

Se réécrit : l’accroche, la longueur, l’appel à l’action. Ils ne se transposent jamais.

Ne se décline pas du tout : le premier paragraphe d’une page. Sur un réseau, il devient la première ligne, et une première ligne de réseau n’est pas un paragraphe raccourci.

3.3 La publication sociale, en trois lignes

La première ligne décide. Elle est souvent la seule visible avant « voir plus ». Elle porte le fait, pas l’introduction.

Le corps donne la matière. Trois à cinq lignes, une idée par ligne.

La fin appelle, et une seule fois. Un lien, ou une question, jamais les deux.

3.4 Le courriel, et ce qui le fait ouvrir

L’objet est le titre affiché d’un moteur : court, concret, sans promesse creuse. « Votre devis d’agencement, et le délai » plutôt que « Newsletter de mars ».

Une seule idée par envoi. Deux idées font la moitié des clics de chacune.

Un seul lien primaire. Les autres sont secondaires, et se voient moins.


Atelier 2, la déclinaison

En binôme, sur poste. Quarante minutes de travail, dix de mise en commun.

Reprenez la meilleure des trois versions de l’atelier 1.

  1. Retirez toutes les inventions et remplacez-les par des crochets, ou par un chiffre que vous connaissez.
  2. Coupez un tiers du texte. Sans rien ajouter.
  3. Écrivez la publication sociale : première ligne, trois à cinq lignes de corps, un appel.
  4. Écrivez le courriel : objet, une idée, un lien.
  5. Testez la première ligne de la publication sur votre binôme, sans contexte : que comprend-il ?
  6. Vérifiez les trois : pourraient-ils figurer chez un concurrent ?
  7. Notez ce que vous avez dû écrire vous-même, et qui ne pouvait pas venir de la machine.

Version courte : points 1, 2, 3 et 6.


4. Le cadrage : ce qu’on relit toujours

4.1 La liste de relecture, et elle est courte

  1. Les chiffres : chacun est vérifié, ou entre crochets.
  2. Les affirmations sur l’entreprise : chacune est vraie, ou retirée.
  3. Les noms propres : clients, partenaires, outils. Aucun n’est cité sans accord.
  4. Le test du concurrent : le texte dit-il quelque chose de propre à cette entreprise ?
  5. La longueur : peut-on couper un tiers sans rien perdre ?

Cinq points, dix minutes par page. C’est le prix du gain de temps, et il n’est pas négociable.

4.2 Ce qui ne se délègue jamais

Ce qui engage l’entreprise. Un délai, un prix, une garantie, une promesse de résultat. Ce sont des engagements contractuels, et ils viennent du commanditaire.

Ce qui touche une personne. Un témoignage, une citation, un nom. Ils demandent un accord.

Ce qui relève d’une obligation. Mentions légales, conditions, information sur les données. Elles se rédigent avec un juriste, jamais par analogie.

4.3 Ce qui se déclare

Dans votre dossier de projet, la section sur l’usage de l’IA est obligatoire : ce qui a été produit avec une aide, avec quelle consigne, et ce que vous avez corrigé.

Ce n’est pas une pénalité, c’est la pratique professionnelle attendue. Une agence qui livre du contenu généré sans le dire prend un risque contractuel ; une agence qui le dit et montre sa relecture vend un travail.

À retenir. La machine produit une première version, jamais une version finale. Le temps gagné à la production se réinvestit dans la relecture et dans ce qu’elle ne peut pas savoir : vos chiffres, vos preuves, votre méthode. Sans ce réinvestissement, le gain de temps est un transfert de risque.


Ce que vous repartez avec

Six productions, faites en séance, et toutes utilisables :

  1. Une consigne à cinq éléments, écrite, réemployable sur n’importe quelle page.
  2. Trois versions d’une page de service, dont une retenue et corrigée.
  3. Une publication sociale, prête à partir.
  4. Un courriel, objet compris.
  5. La liste de vos crochets, qui devient la liste de questions au commanditaire.
  6. Les premières lignes de la section 5 de votre dossier.

Tout cela entre dans le projet. Ce ne sont pas des exercices.


Synthèse

  1. On commence par produire, et les règles viennent de ce qu’on a constaté.
  2. Une consigne tient en cinq éléments. Les deux décisifs : ce que le lecteur veut savoir, et l’interdiction d’inventer.
  3. La machine réussit la structure, la reformulation, la variation et la mise en forme.
  4. Elle rate les chiffres, ce qui est propre à l’entreprise, la preuve et le ton.
  5. Le texte produit est trop long et trop lisse : on coupe, on n’ajoute pas.
  6. Le test qui tranche : ce texte pourrait-il figurer chez un concurrent ?
  7. Le fond se décline, l’accroche se réécrit.
  8. Cinq points de relecture, dix minutes par page.
  9. Ce qui engage, ce qui touche une personne et ce qui relève d’une obligation ne se délèguent jamais.

Sources


Séance vérifiée le 28 août 2026. Les exécutions se font avec l’outil disponible sur les postes le jour de la séance : la méthode ne dépend d’aucun produit particulier.


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