Trois gestes qui se facturent, trois niveaux de déclaration, et ce qui se repère vraiment
Au sommaire, 8 sections
Où nous en sommes
Vous avez trois visuels et une description de style qui tient. Il manque la banque complète du site, et les trois gestes qui servent le plus : détourer, étendre, agrandir.
L’après-midi ouvre la dernière séquence du bloc : ce qu’on déclare, ce qu’on refuse, et ce qui se repère.
Ce que vous saurez à la fin de cette séance
- Constituer la banque de visuels d’un site, cohérente et allégée
- Détourer, étendre un cadrage et agrandir une image fournie
- Distinguer ce qui se déclare de ce qui se refuse, et savoir le dire à un client
- Nommer ce qui se repère réellement dans un contenu produit par une machine
1. Les trois gestes qui servent le plus
1.1 Détourer
Isoler un produit ou une personne de son fond. C’est le geste le plus demandé en agence, et le plus rentable : une photographie de produit prise dans un atelier devient utilisable sur n’importe quel fond.
Ce qu’il faut vérifier : les bords fins, les cheveux, les objets transparents. C’est là que le détourage rate, et cela se voit à l’agrandissement.
1.2 Étendre un cadrage
Une photographie verticale à placer dans un bandeau horizontal : l’outil prolonge l’image sur les côtés.
La limite : ce qui est ajouté est inventé. Sur un décor, c’est sans conséquence. Sur un lieu réel, cela revient à fabriquer une partie du lieu, et la règle de la séance précédente s’applique.
1.3 Agrandir
Le commanditaire fournit une image de 600 pixels de large, il en faut 1 600. L’agrandissement reconstruit les détails manquants.
Ce qu’il faut savoir : les détails reconstruits sont plausibles, pas réels. Sur un visage ou un texte, cela se voit et cela trahit. Sur une texture, c’est indétectable et sans conséquence.
1.4 La banque d’un site tient en quinze visuels
Une image de bandeau par gabarit, une par page de service, deux ou trois pour les contenus, une pour le partage sur les réseaux. Au-delà, on décore.
Toutes passent par le même traitement : dimensions d’affichage, compression, nom de fichier lisible, texte alternatif, crédit.
Le texte alternatif relève de l’accessibilité, pas du référencement. Il décrit ce que montre l’image pour quelqu’un qui ne la voit pas : une personne qui emploie un lecteur d’écran, ou dont l’image ne s’est pas chargée. Une image purement décorative reçoit un texte alternatif vide, et c’est un choix, pas un oubli.
Le contraste se vérifie au même moment. Un texte posé sur une image de fond devient illisible dès que l’image change de luminosité : c’est le défaut d’accessibilité le plus fréquent d’un site refait, et il se voit à l’œil en plissant les yeux.
Atelier 1, la banque de visuels du site
En binôme, sur poste. Quarante minutes de travail, dix de mise en commun.
- Listez les quinze visuels dont votre site a besoin, page par page.
- Marquez leur origine : généré, photographié, fourni.
- Détourez une image fournie par votre commanditaire, ou une photographie que vous avez prise.
- Étendez un cadrage vertical en bandeau horizontal.
- Agrandissez une image trop petite, et comparez les deux versions à l’écran.
- Traitez toute la banque : dimensions, compression, nom, texte alternatif, crédit.
- Vérifiez la cohérence : affichez les quinze en planche. Y a-t-il un intrus ?
Version courte : points 1, 2, 3 et 6.
2. Ce qui se déclare, ce qui se refuse
2.1 Trois niveaux, et ils ne se confondent pas
| Niveau | Ce que c’est | Ce qu’on fait |
|---|---|---|
| Ce qui se fait sans rien dire | Une correction, une reformulation, une variation | Rien de particulier |
| Ce qui se déclare | Un contenu produit avec une aide substantielle | On le dit au commanditaire |
| Ce qui se refuse | Un faux témoignage, un produit fabriqué, un lieu inventé | On refuse, et on explique |
La ligne entre les deux premiers niveaux : est-ce que la machine a produit la substance, ou la forme ? Reformuler un texte que vous avez écrit ne se déclare pas. Faire écrire une page entière se déclare.
2.2 Refuser, et le dire sans se fâcher
Un client peut demander un faux témoignage, une photographie de produit fabriquée, un article signé d’un nom qui n’a rien écrit.
Ce qui marche : ne pas argumenter sur la morale, argumenter sur le risque. « Cette pratique est trompeuse au sens du droit de la consommation, et c’est l’entreprise qui est responsable, pas le prestataire. »
Ce qui ne marche pas : « je ne suis pas d’accord ». C’est vrai, et cela ne convainc personne.
2.3 La responsabilité ne se délègue pas
Une agence qui livre un contenu engage sa responsabilité professionnelle sur ce qu’il contient. « C’est l’IA qui l’a écrit » n’est pas une défense, et ne le sera pas.
La conséquence pratique : la relecture n’est pas une politesse, c’est ce qui vous protège.
3. Ce qui se repère, et ce qui ne se repère pas
3.1 Les détecteurs automatiques
Ils se trompent, dans les deux sens. Ils signalent des textes humains, en particulier ceux écrits par des personnes dont ce n’est pas la langue maternelle, et ils laissent passer des textes produits puis retouchés.
Aucun résultat de détecteur n’a de valeur probante. Un établissement ou un employeur qui fonde une sanction sur un score seul se met en difficulté.
3.2 Ce qui se repère vraiment, à la lecture
L’absence de spécificité. Aucun chiffre propre, aucune date, aucun nom, aucune anecdote vérifiable. C’est le signe le plus fiable, et il n’est pas automatisable.
La régularité de la structure. Trois parties de trois paragraphes, chacune de longueur identique, chacune se terminant par une conclusion. Un humain qui écrit est irrégulier.
Les chiffres invérifiables. Des pourcentages sans source, des études sans référence, des délais trop ronds.
L’absence complète d’aspérité. Aucune hésitation, aucune réserve, aucun cas particulier. Un professionnel qui connaît son sujet nuance.
3.3 Les images, et ce qui les marque
Certains outils inscrivent une marque technique dans les fichiers qu’ils produisent, et des dispositifs de provenance existent pour les tracer.
Deux limites, et elles comptent : la marque disparaît souvent au premier recadrage ou à la première conversion, et elle n’est présente que si l’outil l’a posée.
La conséquence : la traçabilité repose sur ce que vous écrivez, pas sur ce que le fichier contient. D’où le crédit à l’import, vu la séance précédente.
3.4 Ce qu’un jury, un client ou un employeur regarde
Pas le résultat : le processus. Ce que vous avez demandé, ce que vous avez obtenu, ce que vous avez corrigé, et pourquoi.
C’est exactement la section 5 de votre dossier, et c’est aussi ce qui se demande en entretien.
À retenir. La question n’est pas de savoir si l’on peut détecter un contenu produit par une machine. C’est de savoir si celui qui le livre peut en répondre : d’où viennent les chiffres, qui a vérifié quoi, et ce qui a été corrigé. Un travail documenté résiste à toutes les questions. Un travail invérifiable ne résiste à aucune.
Atelier 2, le cas de conscience
En groupe de trois, sur papier. Trente minutes de travail, dix de mise en commun.
Chaque groupe reçoit une demande de client. Trois situations circulent, une par groupe.
- Situation A. Le client demande cinq témoignages clients « inspirés de retours réels », avec des prénoms et des photographies.
- Situation B. Le client demande un article de blog signé du nom de sa directrice, qui n’a pas le temps de l’écrire.
- Situation C. Le client demande de reconstituer par génération les photographies d’un chantier qui n’a pas été photographié.
Pour la situation reçue :
- Classez-la dans un des trois niveaux : sans rien dire, à déclarer, à refuser.
- Écrivez ce que vous répondez au client, en trois phrases, sans argument moral.
- Proposez une solution de remplacement qui réponde à son besoin réel.
- Écrivez ce que vous feriez s’il insiste.
Version courte : points 1, 2 et 3.
4. Ce qui reste à faire
La banque de visuels traitée, avec ses crédits, avant la prochaine séance.
La section 5 du dossier commencée : trois colonnes, une ligne par contenu produit avec une aide.
Le quiz de fin de bloc se tient à la prochaine séance : il porte sur les séquences 13 à 17, et il ne demande aucune révision particulière si vous avez fait les ateliers.
Ce que vous repartez avec
Quatre productions, faites en séance :
- Une banque de quinze visuels, triée par origine et traitée.
- Une image détourée, une étendue, une agrandie, sur vos propres fichiers.
- Une planche de contrôle des quinze, où l’intrus se voit.
- Trois réponses écrites à des demandes de client, avec leur solution de remplacement.
Les visuels entrent sur votre site le soir même. Les trois réponses servent le jour où la demande arrive.
Synthèse
- Trois gestes servent le plus : détourer, étendre, agrandir.
- Ce qui est ajouté par extension est inventé : sans conséquence sur un décor, interdit sur un lieu réel.
- Les détails reconstruits par agrandissement sont plausibles, pas réels.
- Une banque de site tient en quinze visuels. Au-delà, on décore.
- Trois niveaux : ce qui se fait sans rien dire, ce qui se déclare, ce qui se refuse.
- La ligne : la machine a-t-elle produit la substance, ou la forme ?
- On refuse en argumentant sur le risque, jamais sur la morale.
- « C’est l’IA qui l’a écrit » n’est pas une défense professionnelle.
- Les détecteurs se trompent dans les deux sens. Aucun score n’a de valeur probante.
- Ce qui se repère à la lecture : l’absence de spécificité, la régularité, les chiffres invérifiables, l’absence de nuance.
Sources
Séance vérifiée le 28 août 2026. Les trois situations de l’atelier 2 sont fictives et construites pour la séance ; elles reprennent des demandes réellement rencontrées, sans citer aucune entreprise.



