Projet, séance 15 : l’arborescence, et ce qu’elle décide

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Trois niveaux, les mots du visiteur, et trois tests avant de figer

Au sommaire, 6 sections

Où nous en sommes

Vous avez un audit, une place à occuper, et deux personae. Il faut maintenant décider ce que le site contient, et comment on y circule.

Deux heures seulement, et c’est assez : une arborescence se décide vite quand le travail préparatoire est fait, et elle ne se décide jamais quand il ne l’est pas.

Ce que vous saurez à la fin de cette séance

  • Dire ce qu’une arborescence décide, et ce qu’elle ne décide pas
  • Construire une arborescence à partir des questions de vos personae
  • Nommer les rubriques avec les mots du visiteur
  • Vérifier une arborescence avant de la figer, par trois tests

1. Ce qu’une arborescence décide

1.1 Trois choses, et elles pèsent

Ce que le visiteur peut atteindre. Une page qui n’est dans aucune rubrique existe sans exister.

En combien de clics. Chaque niveau supplémentaire perd du monde, et il en perd beaucoup.

Ce qu’il comprend de l’entreprise. L’arborescence est la première chose qu’il lit, avant tout contenu : elle dit ce que vous faites, dans quel ordre d’importance.

1.2 Ce qu’elle n’est pas

Le menu. Le menu est une vue de l’arborescence, et il n’en montre qu’une partie. Confondre les deux conduit à charger le menu de tout ce qui existe.

L’organigramme. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse : un site structuré comme l’entreprise, avec une rubrique par service. Le visiteur ne connaît pas vos services et ne veut pas les connaître.

1.3 La règle de profondeur

Trois niveaux, rarement plus. Accueil, rubrique, page. Au-delà, deux choses se produisent : le visiteur ne trouve plus, et vous non plus au moment de mettre à jour.

Si votre arborescence en demande quatre, c’est presque toujours que deux rubriques n’en font qu’une, ou qu’une rubrique porte des pages qui n’ont rien à y faire.


2. Construire l’arborescence

2.1 On part des questions, pas des contenus

La méthode qui échoue : lister les pages du site actuel et les ranger. On reproduit alors la structure existante, y compris ses défauts.

La méthode qui fonctionne : lister les questions de vos personae, dans l’ordre où elles se posent, et regrouper.

Une question qui revient chez les deux personae devient une rubrique. Une question propre à un seul devient une page dans un chemin qui lui est destiné.

2.2 Le tri par cartes

Une carte par question ou par contenu, étalées sur une table. On regroupe, on nomme les groupes, on déplace, on renomme.

Ce qui rend l’exercice efficace : on ne peut pas tricher. Une carte qui ne trouve pas de groupe est un contenu qui n’a pas sa place, et il faut trancher.

Comptez une trentaine de cartes pour un site de dix à quinze pages. Au-delà, on ne voit plus la table.

2.3 Les libellés : les mots du visiteur

C’est là que se perdent la plupart des sites.

Ce qu’écrit l’entrepriseCe que cherche le visiteur
« Nos solutions »Ce que vous faites, nommé
« Notre expertise »Le problème qu’il a
« Ressources »Ce qu’il y trouvera
« À propos »Qui vous êtes, et si c’est rassurant

Un libellé se teste : le montrer à quelqu’un qui ne connaît pas l’entreprise et lui demander ce qu’il s’attend à trouver derrière. S’il hésite, le libellé est mauvais, quelle que soit son élégance.

2.4 Les deux chemins

Vos deux personae ne suivent pas le même parcours. L’arborescence doit permettre les deux sans les mélanger : celui qui décide et celui qui utilise ne cherchent pas les mêmes pages.

Cela ne veut pas dire deux menus. Cela veut dire que depuis l’accueil, chacun doit voir en une seconde par où passer.


Atelier 1, votre arborescence au mur

En binôme, avec les cartes. Trente minutes de travail, dix de mise en commun.

  1. Une carte par question de vos deux personae. Une par contenu que le commanditaire a déjà.
  2. Étalez tout, sans regrouper.
  3. Regroupez ce qui va ensemble, sans nommer les groupes.
  4. Nommez les groupes ensuite, avec les mots du visiteur.
  5. Comptez les niveaux. Plus de trois : cherchez ce qui peut fusionner.
  6. Marquez les deux chemins : celui qui décide, celui qui utilise.
  7. Faites tester un libellé par un autre binôme : que s’attendent-ils à trouver derrière ?

Le point 3 avant le point 4 n’est pas une coquetterie : nommer avant de regrouper conduit à ranger dans des cases décidées d’avance.

Version courte : points 1, 2, 3, 4 et 7.


3. Ce qui se vérifie avant de figer

Trois tests, et ils prennent dix minutes chacun.

3.1 Le test des cinq secondes

Montrez l’arborescence à quelqu’un qui ne connaît pas l’entreprise, cinq secondes, puis retirez-la. Demandez : que fait cette entreprise ?

S’il ne peut pas répondre, votre premier niveau ne dit pas ce que vous faites. C’est le défaut le plus fréquent des sites d’entreprise, et il se corrige en renommant deux rubriques.

3.2 Le test du premier clic

Donnez une tâche : « vous voulez savoir combien ça coûte ». Regardez où la personne clique en premier, sans lui laisser explorer.

Un premier clic juste amène presque toujours à une tâche réussie. Un premier clic faux amène presque toujours à un abandon, même si la page existe deux clics plus loin.

3.3 Les pages orphelines

Listez toutes les pages prévues, et vérifiez que chacune est atteignable depuis au moins un lien. Une page qui n’est dans aucune rubrique et dans aucun lien de contenu n’existe pas, même si elle est publiée.

C’est un contrôle mécanique, et il trouve toujours quelque chose sur un site existant.

À retenir. Une arborescence se fige avant les maquettes, et ne se rouvre plus après. Ce n’est pas de la rigidité : c’est ce qui permet de travailler. Une arborescence qui bouge pendant le maquettage fait tout recommencer, et elle bouge parce qu’on n’a pas fait ces trois tests.


Synthèse

  1. Une arborescence décide ce qu’on peut atteindre, en combien de clics, et ce qu’on comprend de l’entreprise.
  2. Le menu est une vue de l’arborescence. L’organigramme n’en est pas une.
  3. Trois niveaux, rarement plus. Au-delà, le visiteur ne trouve plus, et vous non plus.
  4. On part des questions des personae, jamais de la liste des pages existantes.
  5. On regroupe avant de nommer. Nommer d’abord, c’est ranger dans des cases décidées d’avance.
  6. Un libellé se teste : que s’attend-on à trouver derrière ?
  7. Trois tests avant de figer : cinq secondes, premier clic, pages orphelines.
  8. Une arborescence se fige avant les maquettes. Sinon, tout recommence.

Sources


Séance vérifiée le 28 août 2026. Le matériel de l’atelier, une trentaine de cartes vierges par binôme, est à apporter.


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