B1 séance 5 : le parcours client, et la section du dossier

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Lire les cycles de vie dans la matrice, cartographier le parcours, et écrire ce que le jury attend

Au sommaire, 9 sections

Où nous en sommes

Vous avez une matrice de segmentation depuis la séance 4, avec ses cases pleines, ses cases vides et ses cases à un client. C’est le matériau de cette séance, et sans elle rien ne démarre.

Trois semaines et des congés ont passé. Les vingt premières minutes sont une reprise active, et elles ne sont pas une politesse : la séance travaille sur la matrice, pas sur des souvenirs de la matrice.

Puis, sur la dernière heure, ce qui n’est pas au syllabus et sans quoi le module manque sa cible : comment s’écrit la section segmentation du public cible de votre dossier. C’est la dernière fois que nous en parlons ensemble avant le dépôt.

Ce que vous saurez faire en fin de séance

  • Lire les cycles de vie client dans votre propre matrice, et non dans un schéma général
  • Identifier les points de friction d’un parcours, et les hiérarchiser sur autre chose qu’une impression
  • Produire la cartographie du parcours d’un de vos segments, avec ses frictions
  • Écrire la section de votre dossier dans l’enchaînement que le jury attend
  • Nommer les trois fautes qui coûtent le plus cher devant deux professionnels extérieurs

Reprise : ce que vous devez avoir gardé

Vingt minutes, en trois temps. C’est la séance qui en dépend le plus de tout le module.

Cinq questions, sans notes.

  1. Quels sont vos deux axes, et pourquoi ceux-là ?
  2. Que signifie une case vide, et quelles sont ses deux causes ?
  3. Qu’est-ce que vous n’avez pas le droit d’affirmer sur deux segments qui diffèrent en marge ?
  4. Quelle est la différence entre segmenter et cibler ?
  5. Combien de cases votre matrice porte-t-elle, et combien sont vides ?

Puis, matrice ouverte. Chacun ressort la sienne et la relit deux minutes en silence. Ceux qui ne l’ont pas travaillent en binôme avec un voisin, et le disent dans leur rendu.

Enfin, une remise en route. Un apprenant présente sa matrice en quatre-vingt-dix secondes : les deux axes, le segment le plus rentable, une case vide et ce qu’il en pense. Cela suffit à remettre tout le monde dedans.


1. Les cycles de vie, lus dans la matrice

1.1 Pourquoi on ne les expose pas à part

Un cycle de vie client se présente d’ordinaire comme un schéma général : découverte, premier achat, fidélisation, éventuellement perte. C’est vrai, c’est utile, et c’est parfaitement inerte tant qu’on ne l’applique pas à quelque chose.

Vous avez ce quelque chose : votre matrice. On y lit les cycles de vie directement, et cela change la nature de l’exercice. Les situations données en exemple dans cette séance sont fictives, écrites pour la démonstration1 : ce sont vos données qui feront le dossier.

1.2 Ce que la matrice montre déjà

Ce que vous voyez dans la matriceCe que ça dit du cycle de vie
Une case pleine, à forte margeDes clients installés : l’enjeu est la rétention, pas l’acquisition
Une case pleine, à faible margeDes clients qui coûtent : l’enjeu est le tri ou la remontée en gamme
Une case à un ou deux clientsSoit une amorce, soit un accident. Il faut savoir lequel
Une case videSoit un choix, soit une question jamais posée

La colonne de droite est la vraie leçon. Le cycle de vie ne se plaque pas sur les clients : il se lit dans leur répartition, et il n’est pas le même d’une case à l’autre. Un segment peut être en phase de conquête pendant qu’un autre est en fin de vie, dans la même entreprise, la même année.

1.3 Ce que ça change pour un manager d’affaires

Une entreprise qui traite tous ses clients avec le même effort commercial se trompe deux fois : elle sur-investit sur ceux qui sont acquis, et elle sous-investit sur ceux qui décrochent.

C’est un constat qui s’écrit, il est chiffré par votre matrice, et il porte devant un jury parce qu’il conduit à une décision d’allocation. C’est exactement le niveau attendu en C1.3.


2. Les points de friction

2.1 Ce que c’est, et ce que ce n’est pas

Un point de friction est un endroit du parcours où le client renonce, attend, ou doit s’y reprendre. Ce n’est pas un mécontentement général, et ce n’est pas un défaut du produit.

Le test : si vous ne pouvez pas dire à quel moment précis du parcours ça se produit, ce n’est pas un point de friction, c’est une impression.

2.2 Où les trouver, quand on n’a pas d’étude

Trois sources, et aucune ne coûte d’argent.

Les commerciaux. Trente minutes d’entretien avec deux d’entre eux donnent plus que trois heures de lecture. Demandez-leur ce qu’ils répètent tous les jours, et ce qui fait perdre les affaires.

Le service client ou l’après-vente. Les questions qui reviennent sont des frictions non résolues. Leur récurrence est déjà une hiérarchisation.

Les traces de l’entreprise. Devis restés sans réponse, commandes abandonnées, délais dépassés. Chaque trace est un point du parcours, daté.

2.3 Les hiérarchiser

Toutes les frictions ne se valent pas, et un inventaire de douze frictions ne conduit à aucune décision. Deux critères, croisés, suffisent.

Peu de clients concernésBeaucoup de clients concernés
Faible impactOn note, on ne fait rienOn traite si c’est peu coûteux
Fort impactOn traite si le segment est stratégiqueOn traite en premier

La méthode. La règle qui rend l’exercice décidable. Une friction se hiérarchise sur deux choses mesurables : combien de clients elle touche, et ce qu’elle coûte quand elle se produit. Tout le reste est une opinion, et une opinion ne se finance pas.

Atelier 1, la cartographie du parcours

C’est le livrable formatif du syllabus. En binôme, sur un seul de vos segments, celui que vous avez retenu comme prioritaire en séance 4.

  1. Découpez le parcours en étapes, de la première fois où le client entend parler de vous jusqu’à l’après-vente. Entre cinq et huit étapes, pas plus.
  2. Pour chaque étape, notez ce que fait le client, et ce que fait l’entreprise.
  3. Placez les frictions, à l’étape exacte où elles se produisent.
  4. Hiérarchisez-les avec la grille du 2.3 : combien de clients, quel coût.
  5. Retenez-en deux, et écrivez pour chacune une action, son coût approximatif et qui la porte.

Le point 3 est celui qui se bâcle. Une friction posée « quelque part au milieu » ne se traite pas. Elle se place à l’étape, ou elle n’existe pas.

Version courte : cinq étapes, deux frictions, et le point 5.

Pour ceux qui vont vite : ajoutez une ligne « ce que le client ressent » sous chaque étape. C’est ce qui distingue une cartographie d’un organigramme, et c’est ce qui fait réagir un jury.


3. Les leviers qui en découlent

Une cartographie qui ne débouche sur rien est un joli dessin. Trois familles de leviers, et le choix se déduit de la friction.

La frictionLe levierCe qu’on mesure ensuite
Le client ne sait pasInformation, contenu, transparence des prixLa baisse des questions répétées
Le client attendDélai, disponibilité, relanceLe délai moyen, et sa dispersion
Le client doit s’y reprendreSimplification du parcours, du devis, du paiementLe taux d’abandon à cette étape

La troisième colonne est celle qu’on oublie et c’est celle qui transforme une recommandation en engagement. Proposer une action sans dire ce qu’on mesurera pour savoir si elle a marché, c’est proposer une intention.


4. La section de votre dossier

Nous y sommes. Cette partie n’est pas au syllabus, et sans elle le module manque sa cible : tout ce que vous avez produit depuis août sert à écrire une section, et elle sera lue par deux professionnels extérieurs qui n’auront pas assisté au cours2.

4.1 L’enchaînement qui tient

Quatre pièces, dans cet ordre, et chacune répond à une question différente.

La pièceLa question à laquelle elle répond
L’ICPOù chercher ? Quel type d’organisation je vise
Le personaÀ qui parler ? Quelle personne, dans cette organisation
La matriceQuoi arbitrer ? Où sont mes clients, ma marge, mes trous
Le parcoursQuoi corriger ? Où ça coince, et ce que ça coûte

Un dossier qui présente ces quatre pièces sans les articuler donne quatre annexes. Un dossier qui les enchaîne donne une démonstration, et la différence tient en trois phrases de transition.

À retenir. La phrase de transition qui vaut pour tout le module. « L’ICP dit où chercher, le persona dit à qui parler, la matrice dit quoi arbitrer, le parcours dit quoi corriger. » Si vous ne deviez retenir qu’une chose de ces vingt heures, c’est celle-là.

4.2 Ce que le jury cherche

Il ne cherche pas une méthode appliquée correctement : il cherche une décision argumentée en euros et en effectifs. C’est ce qui sépare un niveau 7 d’un travail de licence, et cela s’entend dès la première minute.

Trois choses qu’un jury de professionnels remarque immédiatement.

Les effectifs. Un segment sans nombre de clients ne se juge pas. Signalez-les toujours, même approximatifs, même en ordre de grandeur.

La limite déclarée. Dire « nous n’avons pas pu établir que cet écart de marge vient du critère et non de l’ancienneté » vaut mieux qu’une conclusion excessive. Un jury valorise une limite déclarée : elle prouve qu’on a vu le problème.

Le financement. Une recommandation qui ne dit pas d’où vient la ressource n’est pas finançable. Arbitrer suppose que quelque chose recule.

4.3 Les trois fautes qui coûtent le plus

  1. L’inventaire. Neuf cases toutes classées « à développer ». Ce n’est pas un arbitrage, c’est une liste, et elle dit qu’aucune décision n’a été prise.
  2. La causalité affirmée. « Ce segment est plus rentable parce qu’il est plus grand. » Vous ne l’avez pas établi, et le jury le sait.
  3. Le critère souhaité. Décrire la segmentation qu’on aimerait avoir plutôt que celle que l’entreprise pratique. Le décalage se voit à la première question sur la mise en œuvre.

4.4 Le calendrier, et il ne se négocie pas

Le dépôt du dossier est sans report possible. C’est la seule chose de ce module qui ne s’arbitre pas.

Chacun se fixe aujourd’hui trois jalons personnels, écrits : quand la section est rédigée en brouillon, quand elle est relue par le tuteur, quand elle est terminée. Un jalon sans date n’est pas un jalon.

Atelier 2, votre plan de section

Individuellement. C’est votre dossier, pas celui du binôme.

  1. Écrivez le plan de votre section : quatre parties, une par pièce, avec un titre de votre choix.
  2. Sous chaque partie, une phrase : ce qu’elle démontre.
  3. Écrivez les trois phrases de transition entre les quatre pièces. Ce sont elles qui font la démonstration.
  4. Repérez votre faute la plus probable parmi les trois du 4.3, et écrivez comment vous l’évitez.
  5. Posez vos trois jalons, avec des dates réelles.

Le point 3 est le livrable. Les quatre parties, tout le monde les a. Les transitions, presque personne.

Version courte : points 1, 3 et 5.


Synthèse

  1. Le cycle de vie ne se plaque pas : il se lit dans la répartition de vos clients, et il diffère d’une case à l’autre.
  2. Un point de friction se situe à une étape précise, sinon c’est une impression.
  3. Une friction se hiérarchise sur deux mesures : combien de clients, et quel coût.
  4. Une action sans mesure de suivi est une intention.
  5. L’ICP dit où chercher, le persona à qui parler, la matrice quoi arbitrer, le parcours quoi corriger.
  6. Un jury cherche une décision en euros et en effectifs, pas une méthode bien appliquée.

Après ce module

C’est la dernière des cinq séances. Ce que vous emportez est une section de dossier, pas des notes de cours.

Trois choses à faire dans les quinze jours, et la première est celle qui débloque tout.

  1. Faire relire votre matrice par votre tuteur, en lui demandant une seule chose : « est-ce que c’est comme ça qu’on segmente ici ? » La réponse, quelle qu’elle soit, est un matériau de dossier.
  2. Rédiger la section en brouillon, même imparfaite. Une section écrite se corrige, une section prévue ne se corrige pas.
  3. Tenir vos jalons. Le dépôt est sans report.

Notes


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