Sept diapositives, la partie anglaise, les questions du jury, et une répétition complète
Au sommaire, 10 sections
Où nous en sommes
Dernière séance, et elle n’apporte rien de neuf. C’est délibéré.
Vingt-huit heures de module, et ce qui se joue devant un jury tient en huit minutes de parole et dix minutes de questions. Ces dix minutes de questions décident plus que les vingt minutes de présentation, et personne ne s’y entraîne.
Aujourd’hui : la forme de ce que vous montrez, la partie anglaise, les questions qui tombent, et une répétition complète en conditions.
Ce que vous saurez faire en fin de séance
- Bâtir les sept diapositives de la partie payante d’une recommandation
- Tenir huit minutes de parole sans lire vos diapositives
- Alterner français et anglais naturellement, sans réciter
- Répondre aux six questions qui tombent le plus, y compris en anglais
- Dire ce que vous n’avez pas retenu, et pourquoi
Reprise : vos quatre éléments
Vingt-cinq minutes.
Vous deviez choisir, dans tout ce que vous avez produit depuis la première séance, les quatre éléments que vous montreriez si vous n’aviez que quatre diapositives.
Chacun présente les siens en une minute, et on les compte au tableau.
Ce qui remonte, et dans cet ordre. L’architecture de campagne, la simulation budgétaire, le tableau d’écarts, les annonces. Le classement varie peu d’une promotion à l’autre.
Ce qui ne remonte presque jamais : le cadre légal, et l’impact environnemental. Ce sont pourtant deux points que le jury note explicitement. C’est le premier enseignement de la séance, et il vient d’eux.
1. Sept diapositives, et ce qu’on met dessus
1.1 La partie payante dans une recommandation complète
Votre soutenance porte sur un plan complet, dont la publicité sur les moteurs n’est qu’un levier. Comptez environ huit minutes sur vingt, et sept diapositives.
| # | La diapositive | Ce qu’on y met | Temps |
|---|---|---|---|
| 1 | Les objectifs | chiffrés, datés, avec leur borne environnementale | 1 min |
| 2 | L’architecture | le schéma arborescent, et le tableau des campagnes | 1,5 min |
| 3 | Les mots-clés | le tableau avec volumes, coûts, correspondances, et les mots interdits | 1,5 min |
| 4 | Les annonces | une annonce complète, ses extensions, sa force | 1 min |
| 5 | Le budget | la simulation, et la stratégie d’enchères par campagne | 1 min |
| 6 | Le suivi | le tableau d’écarts, et trois actions correctives | 1,5 min |
| 7 | L’impact | les choix de format, et l’estimation chiffrée | 0,5 min |
1.2 Ce qui manque toujours, et qui est noté
Le cadre légal. Il ne mérite pas une diapositive à lui seul dans un temps aussi court, mais il doit apparaître : une ligne sur la diapositive des objectifs, et une phrase prononcée. « Nous avons vérifié les allégations environnementales et le consentement au suivi, aucune contrainte sectorielle ne s’applique à cet annonceur. »
L’impact environnemental. Il a sa diapositive, la septième, et elle dure trente secondes. Elle est courte et elle est notée : deux grammes contre trois cents, le choix de format, et le plafond de répétition.
1.3 Vos diapositives sont lues par quelqu’un
Trois critères de la grille de votre bloc portent sur l’accessibilité et l’inclusion, et ils ne s’arrêtent pas à ce que vous recommandez : ils portent aussi sur la façon dont vous le présentez.
| Ce qui se vérifie | Ce que ça coûte de le faire |
|---|---|
| Le contraste du texte sur le fond | rien, c’est un choix de couleur |
| Un corps qui se lit du fond de la salle | rien, c’est une taille |
| Une vidéo sous-titrée, si vous en projetez une | quelques minutes |
| Un tableau commenté à l’oral, pas seulement montré | rien, c’est votre parole |
La dernière ligne est celle qui compte le plus, et elle ne demande aucun travail : un tableau que vous commentez est accessible à qui ne le voit pas bien ; un tableau que vous montrez en silence ne l’est pas.
Et c’est aussi ce qui fait une bonne présentation pour tout le monde. Un jury qui doit lire pendant que vous parlez ne vous écoute plus, quelle que soit sa vue.
1.4 La règle des trois secondes
Une diapositive se comprend en trois secondes, sinon elle occupe le jury pendant que vous parlez, et il ne vous écoute plus.
Le test : projetez-la, comptez trois, cachez-la. Que reste-t-il ? Si la réponse est « un tableau », la diapositive est à refaire : il faut qu’il reste le point que le tableau démontre.
2. La partie anglaise
2.1 Ce qui est attendu, honnêtement
Ni un exposé, ni un accent. Du vocabulaire technique employé à bon escient, et la capacité de répondre à une question posée en anglais.
Le brief lui-même peut être rédigé en anglais. Vos diapositives peuvent porter les termes techniques en anglais, et c’est même recommandé : c’est la langue de l’interface.
2.2 Ce qui fonctionne, et ce qui ne fonctionne pas
| Ce qui fonctionne | Ce qui ne fonctionne pas |
|---|---|
| Alterner naturellement : « le taux de clic, le click-through rate, est de… » | Réciter deux phrases apprises par cœur |
| Employer le terme anglais quand c’est le terme d’usage | Traduire péniblement chaque mot |
| Répondre en anglais à une question posée en anglais | Répondre en français à une question posée en anglais |
2.3 Votre glossaire
Vous l’alimentez depuis la première séance du module de publicité sur les réseaux sociaux. Vous y avez ajouté dix-huit termes propres au payant, trois par séance.
| Séance | Les trois termes |
|---|---|
| 1 | search engine advertising, paid search, bid |
| 2 | ad group, match type, negative keyword |
| 3 | responsive search ad, ad strength, quality score |
| 4 | cost per acquisition, bid strategy, landing page experience |
| 5 | impression share, return on ad spend, attribution model |
| 6 | prompt, generative AI, iteration |
Le test à faire maintenant : lisez la liste, cachez-la, et redonnez-en douze sur dix-huit. C’est le niveau qui suffit.
2.4 La minute et demie qu’on prépare
Une seule chose se prépare mot pour mot : la présentation de vos objectifs, en anglais, en quatre-vingt-dix secondes. Le reste s’improvise à partir du glossaire.
Pourquoi celle-là : c’est le début, c’est le moment où la voix tremble, et c’est la seule partie où l’on peut savoir d’avance ce qu’on va dire.
Atelier 1, le brief court
En groupes de trois ou quatre, comme le jour de l’épreuve.
Un brief court vous est remis : un annonceur, une enveloppe, une saison, un objectif, et deux contraintes. Une page.
- Quinze minutes de lecture et de répartition : qui fait quoi dans le groupe.
- Quarante-cinq minutes de production : les sept diapositives, avec le contenu réel, pas des titres.
- Quinze minutes de préparation orale : qui parle sur quoi, et la minute et demie en anglais.
Critères de réussite, annoncés avant de commencer
- Les sept diapositives existent, et chacune porte du contenu
- Les objectifs sont chiffrés, datés, et portent une borne environnementale
- Le budget quotidien se vérifie par la division
- Le cadre légal apparaît, au moins en une ligne
- Chaque membre du groupe sait présenter au moins deux diapositives
Version courte : les diapositives 1, 2, 3 et 5, et la répartition orale.
3. Les six questions qui tombent
Elles reviennent d’une session à l’autre. Les connaître ne dispense pas d’y réfléchir, mais y réfléchir la veille coûte moins cher que d’y réfléchir devant le jury.
| La question | Ce qui est attendu |
|---|---|
| « Pourquoi la recherche plutôt que l’affichage ? » | parce que la recherche capte une intention active, et que le brief porte un objectif de conversion. L’affichage reste complémentaire sur la notoriété |
| « D’où vient votre coût par clic ? » | de l’outil de planification, et de la fourchette haute par prudence. Il sera recalé après quinze jours |
| « Que faites-vous si la note de qualité est basse ? » | on décompose. Structure d’abord, écriture ensuite, page en dernier. Jamais l’enchère |
| « How would you optimize if the cost per acquisition exceeds the target? » | on lit le rapport des termes de recherche, on ajoute des mots interdits, on teste les annonces, on regarde la page |
| « Quel est l’impact environnemental de votre dispositif ? » | la recherche émet de l’ordre de deux grammes par millier d’affichages contre trois cents pour la vidéo. Nous avons privilégié la recherche et borné la répétition |
| « Pourquoi ne pas avoir pris une campagne tout-terrain ? » | parce qu’elle demande de l’historique que cet annonceur n’a pas, et parce que le brief demande de justifier la répartition par mot-clé |
3.1 La question à laquelle on ne répond pas
Il en arrivera une dont vous n’aurez pas la réponse. La pire des réponses est d’inventer.
Ce qui fonctionne : « je n’ai pas cette donnée en tête, mais voici comment j’irais la chercher, et voici ce que j’en ferais. » Un jury de professionnels accepte parfaitement, parce que c’est ce qu’ils font eux-mêmes.
3.2 Les six erreurs qui coûtent le plus
- Lire ses diapositives. Le jury évalue votre maîtrise, pas votre lecture.
- Ne pas connaître ses propres chiffres. Cela détruit la crédibilité de tout le reste, y compris de ce qui était juste.
- Présenter un budget sans simulation. Il paraît alors arbitraire.
- Dire « c’est ce qui est recommandé ». Cela montre une absence d’arbitrage.
- Ne parler qu’une seule langue. Les deux sont attendues, et l’alternance est ce qui se note.
- Ne pas s’entraîner à l’oral. Les dix minutes de questions décident plus que les vingt de présentation.
À retenir. La phrase qui résume la posture attendue. Vous n’êtes pas un étudiant qui passe un oral : vous êtes une agence qui défend sa recommandation devant son client. Le jury joue ce rôle, et il attend ce comportement.
Atelier 2, la restitution
Chaque groupe passe dix minutes : huit minutes de présentation, deux minutes de questions.
Le formateur et les autres groupes jouent le jury. Chaque groupe qui écoute prépare deux questions pendant la présentation, dont une en anglais.
Ce qu’on regarde, et c’est annoncé avant de commencer
- Les huit minutes sont tenues, ni sept ni onze
- Personne ne lit ses diapositives
- La partie anglaise est présente, et elle n’est pas récitée
- Chaque membre parle
- Les chiffres cités sont ceux du groupe, et chacun peut dire d’où ils viennent
Le retour se fait en trois points par groupe, pas plus : ce qui a porté, ce qui a manqué, et la seule chose à corriger avant l’épreuve.
La sortie du module
Vingt minutes, et elles ne portent aucun contenu.
Ce que vous emportez
Sept documents, produits depuis la première séance, et ils sont réutilisables tels quels.
- La lecture du brief en sept questions, avec les objectifs chiffrés
- L’arborescence de campagne, avec ses budgets justifiés
- La liste de mots-clés, ses correspondances et ses mots interdits
- Les annonces, avec leurs extensions
- La simulation budgétaire, en formules
- Le tableau d’écarts, et les recommandations en cinq temps
- Le document de prompts, avec ses vérifications
Ce sont vos sept diapositives. Le travail est fait ; il reste à le présenter.
Ce qui reste à faire seul
Trois choses, et la première décide.
- Répétez à voix haute, avec un chronomètre. Huit minutes se tiennent quand on les a tenues une fois. Elles ne se tiennent jamais du premier coup.
- Faites-vous poser les six questions par quelqu’un qui ne connaît pas le sujet. Ses questions naïves sont celles qui font mal.
- Redonnez douze termes anglais sur dix-huit, sans la liste. Si vous en donnez huit, relisez le glossaire. Si vous en donnez quinze, passez à autre chose.
Trois mots pour la soutenance
Les derniers du module, et ce sont ceux de l’oral.
| Le mot | Ce qu’il désigne |
|---|---|
| pitch | la présentation défendue, par opposition à l’exposé |
| media plan | le plan média complet, dont le payant n’est qu’un levier |
| search terms report | le rapport des termes de recherche, qui dit ce qui a déclenché vos annonces |
Synthèse du module
- Le payant n’achète pas une position : il achète du contrôle sur qui voit quoi, quand.
- Un brief se lit en sept questions, et c’est l’objectif qui commande tout le reste.
- Le budget se décide à la campagne, les mots au groupe.
- On ouvre large pour découvrir, on resserre en exact sur ce qui convertit.
- Chaque titre d’annonce doit fonctionner seul.
- Votre place dépend, en simplifiant, du produit de votre enchère et de votre note de qualité.
- Une note basse se corrige dans l’ordre : structure, écriture, page. Jamais l’enchère.
- Le coût d’acquisition a-t-il bougé ? Non, c’est du volume. Oui, c’est du rendement.
- Une recommandation tient en cinq temps : constat, cause, action, effet, délai.
- Avec l’IA : elle met en forme, vous décidez et vous vérifiez. Et vous écrivez ce que vous avez corrigé.
Après ce module
C’est la dernière des sept séances, et il n’y a pas de séance 8.
Ce que vous emportez n’est pas un cours : ce sont sept documents et une méthode de présentation. Le cours de préparation complet vous est remis avec ce support, et il sert de référence, pas de révision : on ne révise pas vingt-huit heures, on révise sept documents et dix-huit mots.
Une dernière chose, et elle vaut au-delà de l’épreuve. Vous savez désormais arbitrer entre deux leviers sur une même requête, chiffrer avant de dépenser, et lire un écart pour décider. Ce sont trois gestes de responsable, et ils ne dépendent d’aucune plateforme : celle que vous avez apprise changera, ces trois-là non.
Sources
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